George W. Bush, qui prononce ce soir son avant dernier discours sur l'état de l'Union (c'est aussi le premier devant un Congrès démocrate), est habillé pour l'hiver par une multitude de sondages - dans le Washington Post, le New York Times, ou le Wall Street Journal. Il en ressort qu'il est désormais le président le plus impopulaire depuis, au choix, Harry Truman en pleine guerre de Corée en 1952, ou bien Richard Nixon au beau milieu de l'affaire du Watergate en 1974. "Il a perdu l'oreille des Américains," écrit le Wall Street Journal, qui n'est pas précisément un brulôt anti-Bush.
Il ne se trouve plus qu'un petit tiers d'Américains pour approuver son action. Les deux-tiers restent opposés à l'envoi de troupes supplémentaires en Irak - le discours de Bush il y a deux semaines n'a donc eu aucun impact en sa faveur.
Du coup, Bush peut s'attendre non seulement à ce que les démocrates ne lui fassent aucun cadeau, mais aussi à ce que les républicains se désolidarisent de plus en plus volontiers de la Maison Blanche à l'approche de la présidentielle - ce que font déjà certains d'entre eux, comme les sénateurs Chuck Hagel ou Jack Warner, en soutenant le vote de résolutions condamnant l'envoi de troupes supplémentaires en Irak. D'une certaine façon, l'après-Bush a déjà commencé.
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