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La presse américaine et les Bleus, épilogue

The New York Times: "Une star s'effondre, la France s'efface, l'Italie se réjouit"

" Ce qui aurait pu être le glorieux couronnement de la carrière du capitaine français Zinédine Zidane est devenu un départ honteux lorsqu'il a été éjecté de la finale de la Coupe du Monde pour avoir commis un acte étonnant et antisportif. L'Italie a gagné son quatrième titre (...) mais le match est certain de rester dans les mémoires pour le coup de tête dans la poitrine du défenseur italien Marco Materazzi. (...) En un moment de complète désinvolture au cours du dernier match d'une carrière qui a fait de lui, aux yeux de beaucoup, le plus grand joueur des vingt dernières années, Zidane, à 34 ans, a peut-être coûté à son équipe son deuxième titre en huit ans. Il a peut-être aussi terni sa réputation d'intelligence, de flair et de décence."

The Los Angeles Times: "Tous les chemins mènent en Italie"

"L'Italie, aux prises avec un scandale dans son football national qui pourrait couler ses clubs les plus célèbres et mettre sa ligue sans dessus dessous a gagné la Coupe du Monde au milieu de scènes extraordinaires. (...) Mais ailleurs (qu'en Italie), le résultat a été éclipsé par un moment de folie dans les prolongations quand le capitaine français Zinédine Zidane, l'un des joueurs les plus accomplis, a été éjecté pour une faute flagrante et bizarre. Le milieu de terrain de 34 ans, vainqueur de la Coupe en 1998, disputait le dernier match d'une carrière illustre, qui aurait pu se terminer en apothéose avec un deuxième titre. Au lieu de cela, elle s'est achevée dans la honte."

USA Today (reprenant une dépêche AP): "Un coup de tête entendu dans le monde entier"

"Jusqu'au dernier moment de sa carrière, Zinédine Zidane a pu dicter le flot du jeu avec une habileté rare et un contrôle élégant du ballon. En finale de la coup du monde, il a perdu son sang-froid. La dernière image du capitaine français restera pour toujours une image le montrant se retournant sous la colère, baisant la tête, lançant son crâne chauve dans la poitrine du défenseur italien Marco Materazzi (...) Joueur à l'habileté et la maîtrise technique peu communes, avec une maîtrise de n'importe quel ballon ou presque, sa vision et son penchant pour inscrire les buts dans les matchs importants, Zidane a justifié les comparaisons avec les plus grands talents créatifs du football. Mais son caractère, c'est autre chose."

New York Daily News: "Zidane perd la tête et sa réputation"

"Le génie est toujours si proche de la folie. On l'a déjà vu. Des musiciens, des peintres et les joueurs de football peuvent passerde l'autre côté à tout moment, de Mozart à van Gogh en passant par Maradona. Et c'est ainsi que Zinédine Zidane, le maître à penser de l'équipe de France, a pété les plombs. Il est devenu fou. Il est sorti comme un voyou, comme Dennis Rodman. Cela s'est bien terminé comme un conte, mais un conte de Grimm, pas un conte de Hans Christian Andersen. Le match était encore à prendre quand Zidane a coupé le souffle à son équipe. Il avait l'opportunité de partir comme un champion. Au lieu de cela, il a disparu dans un tunnel sombre et empli de questions graves sur sa santé mentale et son esprit sportif. (A la fin du match) Zidane n'était nulle part. Il avait utilisé sa tête pour quelque chose de stupide, pas pour son génie.

New York Post (également via AP): "Beau pour l'Italie"

"Le beau jeu est devenu vicieux, pour ne pas dire venimeux ce dimanche. Mais il était toujours aussi beau pour l'Italie. (...) Dominé pendant une heure puis pendant les prolongations, les Italiens ont gagné après que Zidane ait commis l'acte le plus vilain d'un tournoi qui a établi un record pour les cartons jaunes et rouges, les plongeons et parfois la brutalité pure et simple. (...) Aucune équipe depuis les Azzurri en 1982 avait eu à endurer le stress et l'angoisse d'un scandale. Au lieu d'être perturbé par l'enquête qui fait des ravages dans leur sport chez eux, les Italiens ont survécu."

Washington Post: "L'Italie au sommet du monde"

"Il y a un mois, ni l'Italie ni la France ne semblaient des candidats très probables à une victoire à la Coupe du monde. Les Français étaient trop vieux et les Italiens ne franchiraient pas un premier tour difficile, sans compter le scandale des matchs truqués, selon de nombreux observateurs. Les favoris étaient l'Allemagne, l'Argentine et le Brésil. (...)

En Allemagne, le slogan du tournoi était "le moment de se faire des amis" et si le jeu sur le terrain n'a pas été exactement à la hauteur - un total de 373 cartons (345 jaunes et 28 rouges) ont été distribués (...), l'atmosphère autour des matchs l'a certainement été.

Les douze villes hôtes, de la plus petite (Kaiserslautern, 99,000 habitants) à la plus grandes (Berlin, 3,3 millions d'habitants) ont créé des aires de "fête pour les fans" qui n'avaient pas réussi à obtenir de tickets mais pouvaient regarder les matches sur des écrans géants en buvant de la bière. La ville de Francfort avait placé un énorme écran de télévision au milieu du Main et des milliers de supporters se bousculaient sur les deux rives. Un millions de personnes aurait regardé la demi-finale entre l'Allemagne et l'Argentine le long du "Fan Mile" de Berlin, qui s'étirait depuis la porte Brandebourg le long de Tiergarten.

La Coupe du Monde a atteint plus d'Américains que jamais auparavant, ABC et ESPN faisant état d'audiences record pour le football (tout en restant éloignées de celles du baseball, du basket ou du football américain). Beaucoup pointent la percée de l'immigration ces dernières années comme l'un des facteurs de la popularité croissante du 'soccer' au Etats-Unis. La performance de l'équipe américaine n'a pas aidé, en n'allant pas au delàdu premier tour. Malgré un jeu dépourvu d'inspiration, l'équipe américaine pourra au moins dire qu'elle a tenu en échec les champions du monde, 1 partout, le 17 juin."

***

Alors, que se sont-ils dit?

C'est bien sûr la grande question du jour, alimentée par son inévitable lot de rumeurs et de spéculation, en attendant que les intéressés s'expriment.

Il y a d'abord le cousin de Zizou, pour qui Materazzi l'aurait traité de terroriste. Puis l'agent de Zizou qui explique que le capitaine français a été provoqué puis annonce que Zidane s'exprimera dans les prochains jours.

The Independent évoque une autre hypothèse: Materazzi aurait accusé Zidane d'être impliqué dans une affaire de stéroïdes dans son ex-club de la Juventus de Turin.

Dans les mails du jour circule même une version des propos soit-disant échangés (en italien) après une action où le capitaine français avait été marqué de très près par le joueur des Azzurri. Pas sourcé, se fondant sur un italien semble-t-il approximatif, et donc à prendre avec la plus grande circonspection...

Zidane: "Arrête de me tirer le maillot"

Materazzi: "Tais-toi enc..., c'est tout ce que tu mérites!"

Zidane, s'éloignant: "Oui, c'est ça"

Materazzi (qui le suit): "Vous méritez tous cela, vous enc... de musulmans, sales terroristes!"

Zidane se retourne. Malheureusement, on connait la suite.

Materazzi a formellement démenti avoir prononcé le mot de "terrorisme". "Je ne sais même pas ce que ce mot veut dire," a-t-il ajouté.

Ah, oui, toujours selon l'Independent, puis l'AFP, la télé brésilienne a lu sur les lèvres des joueurs... Materazzi aurait évoqué la soeur de Zidane,  prononcé le mot de "prostituée"...

Commentaires

Bon blog :)
Très sympatique à lire.

Triste finale, c'est clair...

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